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REGISTRES
DU BUREAU                                               [i563]
" Tous courriers entrans en lad. Ville seront ad-menez à mond. srle mareschal,' si se n'est quelque grand seigneur qui soyt congnu qu'il merite estre aresté.
k Que tous charriotz et charrettes ou chevaulx de charges de marchandise et non de vivre, entrans dedans lad. Ville, qui n'auront passeport et certiffi­cation de ce qu'il sera dedans, seront conduictz par ung ou deux des soldatz ou bourgeoys des portes jusques au logis pour estre baillez en garde à l'hoste, affin de ne souffrir desemballer lesdictes charges, sans qu'il y aict quelq'un present pour certiffier s'il n'y a aucunes armes ou choses prohibées, et ne pourra sortir de lad. Ville aulcun chariot, ne char­rette, ny charge de cheval, fors et excepté les charges de vivres, comme dict est, sans certiffication avecq passeport.
"Laquelle presente ordonnance sera attachée à ung petit tableau à chascune des portes de lad. Ville, pour icelle estre observée par les cappitaines et gardes de lad. porte.
"Faict au Bureau de lad. Ville, le trentiesme et penultime jour de Mars mil vclxii."
gneur le mareschal de Montmorency, du Prevost des Marchans ou de l'un des Eschevins, pourront entrer sans empeschement, et neanlmoings, s'ilz ne sont congneuz, seront interrogez, comme cy dessus est dict, pour les laisser entrer avecq armes, s'il n'y a occasion de juste empeschement.
r Toutes personnes entrans et sortans seront visitez, et là où ilz auront aucuns pacquetz du Roy, de la Royne ou de messeigneurs les princes, mareschaulx de France ou gouverneurs des provinces, n'y tou­cheront aucunement. Et pour le surplus y sera advisé par le cappitaine ou chef de la compaignie pour s'en­quérir ou veoir si besoing est, s'il y a aucunes lettres ou pacquetz contre le service du Roy ou de lad. Ville, pour incontynant en advertir monseigneur le mareschal ou messieurs de la Ville.
" Toutes armes qui seront trouvées cachées ou re-cellées, entrans ou sortans par les portes, seront confisquez par les gardes desd, portes.
" Toutes personnes ne pourront sortir de lad. Ville sans congé ny passeport signé de monseigneur le mareschal de Montmorency ou dud. sr Prevost et Es­chevins.
CCCXXVI. — [Mandement à Charles Le Conte, maistre des œuvres de charpenterye
de la Ville.]
i" avril i563. (Fol. 181 r°.)
Du par les Prevost des Marchans et Eschevins
DE LA VILLE DE PARIS.
"Mc Charles Le Conte, me des oeuvres de charpen­terye de ceste ville de Paris, ne faillez, incontynant la presente veue, de faire expedier des barrières branlantes es portes de Sainct Denis, Sainct Jacques,
Sainct Germain, Sainct Honoré et Sainct Anthoine, et les faictes expedier le plus tost que faire ce pourra, et les faictes asseoir du costé du faulxbourg, selon qu'il sera advisé pour le mieulx.
"Faict au Bureau de l'Hostel de lad. Ville, le premier jour d'Apvril mil vclxii, avant Pasques."
CCCXXV1I. — La ville d'Orleans rendue au Roy moyennant le traicté de paix.
1" avril i563. (Fol. 181 r°.)
"Messieurs, pour vous faire participans des effectz de la paix t1' qu'il a pleu à Dieu nous donner, j'ay bien voullu vous advertir que ceste ville est entierement delivrée de toutes gens de guerre,
et y suis entrée'2', et donné ordre à ce que j'estime necessaire pour y restablir toutes choses en son pre­mier estat, laissant le sr de Cypierre, gouverneur du pays'3', qui y pourvoira, et m'en voys à Amboise
(') La paix d'Amboise venait d'étre conclue le 19 mars précédent.
(!) La Reine-Mère fit son entrée à Orléans le 1" avril entre le prince de Condé et le cardinal de Bourbon, précédée du Connétable, de MM. de Montpensier, Bourdillon et Cypierre et suivie du Chancelier et de l'Amiral. Les gens de la ville vinrent la visiter et lui présentèrent du vin et des fruits, consentant au renvoi de leur garnison et acceptant M. de Cypierre pour gouverneur. Catherine de Médicis partit le lendemain pour Blois; elle voulait emmener le prince de Condé qui s'excusa et promit de se trouver le soir même à Blois, puis à Amboise. (Relation tirée des State papers, dans les Lettres de Catherine de Médicis, t. II, p. 5.)
<3) M. de Cypierre écrivit à la Reine pour lui rendre compte de tout ce qui s'était passé à Orléans depuis le 5 avril, jour de son entrée en fonctions comme gouverneur, jusqu'au 12 avril. (Voir Lettres de Catherine de Médicis, t. 11, p. 5.)